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  • Margaux Vignat

2023, vers la fin de la guerre en Ukraine ?

Updated: Jan 6

Cet article se base sur les faits géopolitiques internationaux de 2022, et sur les possibles tendances qui semblent se dessiner à l’heure actuelle. Il n’est pas possible de garantir cette projection, qui n’est qu’une supposition sur l’année à venir.


Introduction


Malgré une première période d’optimisme en janvier, marquée par la sortie de l'épidémie de COVID-19, 2022 est rapidement devenue une année de tensions militaires, économiques et politiques, que ce soit à l’échelle nationale, régionale ou internationale. Et, le retour de la guerre en Europe, considérée comme la grande brûlée de l’histoire, avec plus de 60 millions de morts entre 1800 et 1950 (épidémies, guerres, etc.), ne semblait pas avoir été envisagé, ni par les services de renseignement français, ni par l'opinion publique. Le conflit gagne rapidement en intensité, avant de stagner à nouveau vers la fin de l’année 2022. Comment expliquer ce ralentissement du conflit ? Et est-ce synonyme de la fin de la guerre ?



Le 24 février 2022 à l’aube, Vladimir Poutine déclare lancer “une opération militaire spéciale" en Ukraine. L’invasion de l’Ukraine commence donc au début de l’année, et très rapidement, l’armée russe cherche à prendre le contrôle des points stratégiques. Les premières cibles sont Kiev, la capitale, les aéroports et la centrale nucléaire de Tchernobyl : il s’agit pour la Russie d’affirmer rapidement sa position dominante dans cette invasion.

A l’origine de cette invasion, on retrouve la région ukrainienne du Donbass, région frontalière avec la Russie. Depuis avril 2014, la région est divisée entre le gouvernement ukrainien d’un côté et les séparatistes pro-russes accompagnés de la Russie de l’autre. Le 21 février 2022, 3 jours avant l’invasion, Poutine met le feu aux poudres, en reconnaissant l’indépendance de cette région contestée et en tension depuis presque 8 ans. C’est alors le début d’une guerre qui fait, de février à décembre 2022, plus de 200 000 victimes (blessées ou décédées), dans les armées respectives. Les victimes civiles sont aussi nombreuses : plus de 13 500 dont 5 600 décédées selon l’ONU. On peut donc parler du retour de la guerre de haute intensité sur le continent européen, continent pourtant douloureusement marqué par les précédents conflits mondiaux.

La réponse occidentale ne se fait pas attendre : très rapidement, les sanctions contre la Russie tombent, et l’aide économique s’organise pour soutenir l’Ukraine. D’un point de vue militaire, l’OTAN se met en alerte, même si les pays membres affirment ne pas s’engager dans le conflit, et ce malgré la menace nucléaire mise en avant par Poutine. L’offensive russe est rapide : le territoire ukrainien se retrouve envahi et beaucoup de villages se retrouvent sous le contrôle de la Russie.


Cependant, fin 2022, les offensives russes stagnent et l’armée semble perdre du terrain. Comment expliquer cet affaiblissement, et peut-on espérer une fin de ce conflit en 2023 ?






Selon Matthieu Anquez, les erreurs stratégiques russes ont commencé dès la préparation de cette invasion, et se sont multipliées pendant la première phase (de février à avril 2022).

La première erreur, et la plus classique en stratégie militaire, est d’avoir sous-estimé l’ennemi. En 2014, l’armée ukrainienne n’avait pas fait preuve d’efficacité dans la région du Donbass : Poutine semblait donc s’attendre à une “promenade de santé” pour envahir l'Ukraine. Cependant, la réalité fut très différente : l’armée ukrainienne résiste, et surtout, résiste toujours : elle arrive à se maintenir dans la durée, malgré les pertes humaines et matérielles.

La deuxième erreur était de “parier sur un effondrement politique” de l’Ukraine. Élu avec 73% des voix, Zelensky était populaire auprès des Ukrainiens avant même le début de son mandat. Néanmoins, la question de la corruption du gouvernement planait au-dessus de sa tête, telle l’épée de Damoclès. Lors du début de la guerre, Vladimir Poutine s’attendait à ce que le président s’écroule. Là encore, l’Ukraine a surpris : son président est resté dans un pays bombardé par l’adversaire, se rendant à la rencontre de ses militaires tout en militant auprès des organisations internationales. Le président a su rallier son pays et les citoyens à travers le monde à sa cause, entraînant un élan de générosité rarement égalée dans notre siècle. La résilience de l’Ukraine semble donc toujours aussi forte, comme l’affirme Zelensky face au Congrès Américain : “l’Ukraine n’est pas tombée, elle est vivante et combative, tient ses positions et ne se rendra jamais”.

Enfin, la troisième erreur, qui se trouve aussi être la plus évidente, est le nombre trop élevé d’objectifs. La stratégie russe se concentrait sur 4 axes : un vers Kiev, un vers Kharkiv, un vers Odessa et un pour la région du Donbass. Cependant, trop d’objectifs divisent la force de frappe. Le front s’étend sur des dizaines de kilomètres, entraînant un vrai défi logistique et organisationnel, et des forces armées russes diluées au lieu de se concentrer sur une unique zone.






Ainsi, tous ces éléments contribuent à l’affaiblissement de l’armée russe, qui n’a pas l’air d’être équipée pour un conflit qui s’étend dans le temps.

Selon le Général Ben Hodges (armée américaine), “en Ukraine, l'armée russe, affaiblie et épuisée, pourrait craquer”. La cause serait une “logistique complètement défaillante” : comme dit précédemment, le front s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres, et dans des zones différentes du pays. Il est donc difficile de faire parvenir munitions et autres nécessités au front, ce qui ralentit les opérations russes de façon considérable. De plus, grâce aux sanctions occidentales, lorsque les bombardements ukrainiens touchent des entrepôts au sol, la Russie n’a pas la possibilité de se procurer ce qui a été détruit. Les stocks ne font donc que diminuer.

Les problèmes de l’armée russe se retrouvent aussi d’un point de vue interne : face à la durée du conflit et aux échecs de la Russie, les soldats de l’armée russe subissent une perte de moral, qui, là encore, met un frein aux opérations. Selon les renseignements britanniques, les officiers qui mènent les brigades sur le terrain ne sont pas assez entraînés, ce qui créent des mutineries : il y a un manque de commandement, de leadership et d’expérience. Certaines images satellites sèment aussi le doute : certaines brigades russes auraient volontairement détruit leurs tanks et équipements, pour ne pas avoir à se rendre sur le front…. L’armée russe semble donc être en grande difficulté.



Le coup de grâce pourrait venir de l’étranger, avec le soutien des autres pays. La première aide qui permet à l’Ukraine de regagner du terrain est l’expertise des forces spéciales de l’OTAN : selon un officier supérieur français, la région de Kharkiv abrite “une opération clandestine de grande envergure des alliés, en matière de renseignement et de ciblage pour passer au crible les faiblesses de l’armée russe”.

Le soutien passe aussi par l’aide technologique. Nombreux sont les pays à fournir du matériel à la pointe de la technologie (Pologne, France ou encore Etats-Unis). Cette technologie peut servir aux renseignements, comme mentionné précédemment, mais aussi directement sur le front (hélicoptères, tanks, munitions, obus). On notera par exemple les lance-roquettes américains Himars, capables de parcourir 80 km et d'atteindre une cible au mètre près. Lors de la dernière visite de Zelensky aux Etats-Unis, Joe Biden a aussi fourni à l’Ukraine le système de défense antiaérienne Patriot. Enfin, pour accompagner cette aide technologique et matérielle, les aides financières se font nombreuses : les Etats-Unis ont promis 45 milliards de dollars fin 2022 et les Pays-Bas 2,5 milliards d’euros. Ces deux exemples suffisent à illustrer le ralliement à l’Ukraine.






Conclusion


En conclusion, malgré un début marqué par la rapidité et l’efficacité, l’armée russe semble aujourd’hui perdre pied en Ukraine, face à un peuple qui résiste et qui est aidé par les plus grandes puissances mondiales. Ainsi, il paraît improbable que la guerre en Ukraine continue sur la lancée de 2022. Selon une source sûre de l’Armée de Terre, une capitulation russe n’est cependant pas prête d'arriver : ils pourraient chercher un cessez-le-feu. Cela leur permettrait de consolider leurs acquis territoriaux et de reconstruire leurs sources (drones iraniens qui arrivent en grand nombre, renforcement du partenariat avec la Chine), et donc de préparer une nouvelle offensive, plus tard.


Sources

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/03/24/guerre-en-ukraine-de-l-entree-des-premiers-blindes-aux-pertes-civiles-massives-la-chronologie-du-premier-mois-de-l-invasion-russe_6118905_3210.html

https://www.lexpress.fr/monde/europe/general-ben-hodges-en-ukraine-la-logistique-russe-est-totalement-defaillante_2178886.html

https://www.nouvelobs.com/monde/20221222.OBS67435/guerre-en-ukraine-ce-qu-il-faut-retenir-de-la-visite-de-volodymyr-zelensky-aux-etats-unis.html

https://www.20minutes.fr/monde/ukraine/4016183-20221224-guerre-ukraine-direct-volodymyr-zelensky-remercie-congres-americain-apres-aide-financiere-octroyee-kiev

https://www.telos-eu.com/fr/politique-francaise-et-internationale/les-erreurs-strategiques-russes-en-ukraine-a-la-lu.html

https://legrandcontinent.eu/fr/2022/03/31/volodymyr-zelensky-et-lillusion-charismatique/

https://www.blick.ch/fr/news/monde/contre-offensive-ukrainienne-les-faiblesses-russes-bien-identifiees-par-lotan-id17870435.html

https://www.lesoir.be/445294/article/2022-05-30/pertes-mutineries-larmee-russe-connaitrait-des-deboires-importants

https://rmc.bfmtv.com/actualites/international/guerre-en-ukraine-quels-pays-livrent-des-armes-aux-ukrainiens-et-combien_AV-202206060152.html



Sources photo :


https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/la-russie-a-perdu-une-grande-partie-de-ses-armes-lourdes-1866725

https://www.rtl.fr/actu/international/guerre-en-ukraine-la-carte-pour-comprendre-la-situation-ce-vendredi-7900128552

https://atalayar.com/fr/content/zelensky-declare-washington-que-laide-lukraine-est-un-investissement-dans-la-securite-et-la



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