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La crise libanaise : un cancer économique qui touche le poumon social

Updated: Feb 18, 2021



Jeudi 17 octobre 2019, la population libanaise sort dans la rue pour dénoncer la corruption qui gangrène de plus en plus le pays du cèdre. Cette nation, pourrie par la crise économique, est sous le feu de nombreuses manifestations qui ont pour objectif de faire changer les choses. La situation financière actuelle du Liban est désastreuse avec, notamment, une dette dépassant 150% du PIB. Selon l’économiste Samir Aïta, « Le pays est quasi en état de cessation de paiement. Il faudrait au moins restructurer la dette libanaise à hauteur de 40 milliards de dollars ». Qu’en est-il de la situation du Liban ? Quelles sont les conséquences d’une telle crise ? Est-ce que l’arrivée de M. Ghosn au Liban a accru le clivage entre la population libanaise et la classe dirigeante ?

La naissance de cette crise


Le Liban est atteint d’une maladie qui ne cesse de s’épandre dans la région du Proche Orient : la corruption. Jeudi 17 octobre, la population libanaise ne supporte plus l’incompétence du pouvoir et amorce de nombreuses manifestations. Qu’est-ce qui a mis le feu aux poudres ? L’annonce d’une taxe de 18 centimes sur les appels WhatsApp et Viber. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Depuis presque 4 mois, les Libanais se battent pour leur survie. Le 29 octobre, ils gagnent un combat avec la destitution du Premier ministre Saad Hariri. Cependant, cette victoire n’est que partielle car le reste du gouvernement est toujours au pouvoir. Le 21ème jour de ce mouvement, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme et exhorte le gouvernement libanais à fonder un nouveau gouvernement dans les plus brefs délais pour pouvoir faire face le plus rapidement possible à une crise grandissante. Selon elle, environ 35% des Libanais vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Ce chiffre pourrait croître à 50% si le gouvernement reste inactif. De plus, la Banque mondiale envisage une croissance négative de 0.2% pour 2020.


Une situation précaire


Cet essoufflement économique a laissé, telle une boite de Pandore, échapper de nombreux maux qui, jusqu’à présent, étaient mis sous silence. Le droit des femmes s’est retrouvé sur le devant de la scène lors d’une manifestation sur la place des Martyrs dans la capitale. La foule scandait « Pouvoir patriarcal, le droit des femmes c'est pas un détail, allez, allez, le changement ! ». Dans d’autres quartiers de Beyrouth, les forces de l’ordre s’opposent plus violemment contre des manifestants. Ce désordre social a mené à juger à la fois des personnalités gouvernementales et des grands du secteur bancaire qui ont favorisé la corruption de cette nation. En plus de la corruption, les Libanais dénoncent leur situation précaire. A cause d’un service public dérisoire et d’un manque d’infrastructure, le Liban fait face à de nombreuses pénuries d’eau et d’électricité. Les écoles sont fermées parce que les étudiants sortent soutenir les manifestants en dénonçant un système scolaire archaïque.

L’arrivée de Carlos Ghosn, une bonne ou mauvaise nouvelle ?


Deux semaines auparavant, Carlos Ghosn, ex-PDG de Renault-Nissan, a fui le Japon pour se rendre au Liban. Le magnat de l’automobile est une figure controversée au Liban. Certains le considèrent comme un symbole de réussite avec son parcours remarquable et sa fortune tandis que d’autres le voient comme un corrompu de plus dans le pays.

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