• Colin Mathieu

Le guide géopolitique des Jeux Olympiques de Pékin


Une grande première pour la Chine


Les jeux olympiques d’hiver à Pékin se dérouleront du 4 au 20 février prochains. C’est la première fois qu’une ville accueille les jeux olympiques d’hiver après avoir accueilli ceux d’été. L’occasion pour la Chine d’imposer une nouvelle fois sa puissance par le sport, malgré les habituels piètres résultats de l’équipe chinoise aux jeux olympiques d’hiver. L’intérêt pour la Chine réside en la démonstration de sa puissance aux yeux du monde. Les regards de centaines de millions de téléspectateurs seront tournés vers la Chine pendant deux semaines, l’intérêt pour un pays d’accueillir les jeux olympiques est de faire parler de lui. Lorsque la Chine a été l’organisatrice de ceux de 2008, elle avait pu démontrer sa puissance retrouvée. Depuis son entrée dans l’OMC en 2001, le pays n’a cessé de s’affirmer face aux autres, tant par son hard power économique et militaire que par son soft power culturel, comme c’est le cas dans le sport.



Un boycott diplomatique de certains pays majeurs :


Dans un contexte international tendu, la Chine va subir pendant ces jeux le boycott des États-Unis, de l’Australie, du Royaume-Uni et du Canada. Si l’arme diplomatique qu’est le boycott n’est pas d’une efficacité incontestable, il n’en reste pas moins que la Chine n’aura pas la possibilité de savourer une parade devant ses antagonistes anglo-saxons, pour certains immenses poids lourds des jeux d’hiver. Malgré cela, elle peut être assurée du soutien du président russe Vladimir Poutine, dont le pays a récemment participé à des exercices maritimes avec la Chine et l’Iran. L’affrontement entre les grandes puissances aura bien lieu sur la scène sportive.



Les JO d’hiver : un moyen de revendication :


Les jeux ne sont toutefois pas qu’une simple parade pour les gouvernements, c’est aussi l’opportunité pour les différents mouvements d’oppositions de revendiquer ce à quoi ils tiennent sous les caméras du monde entier. C’est ce qu’il s’est passé à Séoul en 1987, où les grandes manifestations précédant les jeux de 1988 ont participé à la chute du gouvernement dictatorial de Chun Doo-hwan. Les gouvernements cherchant avant tout à protéger leur image lors de cet évènement politique majeur. Comme en 2008, les militants des droits humains chinois vont tenter de faire entendre leur voix. A l’international, les défenseurs du peuple Ouïghour auront à cœur de dénoncer le génocide et les maux intérieurs chinois. L’ancien prisonnier politique tibétain Dhondup Wangchen avait en novembre dernier déjà soutenu l’idée d’un boycott de ces jeux au nom de la liberté et des droits.

Toutes ces raisons font que les prochains jeux olympiques s’annoncent, comme d’habitude, être un évènement politique majeur. Il faudra suivre notamment la cérémonie d’ouverture qui donne toujours le ton de la compétition et également observer les performances sportives des athlètes chinois, constamment à la traîne dans les classements de jeux d’hiver ces dernières années.

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