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  • Eléonore Roy Giulianelli

PARTIE 2 : La fast fashion à la COP27, débat autour d’une industrie néfaste pour l’environnement

Introduction


13 milliards d’euros : c’est la somme dont le Royaume-Uni s’est engagé à verser pour le climat à l’occasion de la COP 27. C’est en cela que le Premier ministre britannique Rishi Sunak déclare que « la guerre en Ukraine n’est pas une raison pour ralentir la lutte contre le changement climatique », mais, au contraire, il est question d’« agir plus rapidement ».

Ainsi, du 6 au 18 novembre 2022 a eu lieu la 27e Conférence des Nations unies sur le climat à Charm el-Cheikh en Egypte. L’objectif de cet évènement reposait sur le fait de tenir enfin les promesses faites pour tendre vers une limite de réchauffement climatique n’excédant par les 1,5°C, selon les accords de Paris signés 2015. Lors de la COP 2022, les représentants du secteur de la mode se sont confiés sur leurs inquiétudes quant aux objectifs de réduction d’émissions de CO2 de moitié d’ici 2030.

A l’issue de cela, quelles sont les futures transformations de ce secteur ? Des projets à mener pour une amélioration possible, sont-ils en cours ? La mode durable est-elle suffisante pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris ?


Des changements au niveau des objectifs à l’issue de la COP27


Parmi ces enjeux, la question du greenwashing est l’une des plus prédominantes. Regroupant de nombreux leaders des Etats du monde entier, nous y retrouvons également des acteurs de l’industrie textile venus expressément pour débattre autour de possibles solutions environnementales.

Ce type d’initiative est d’ailleurs mené par la Global Fashion Agenda, association pour le développement durable dans la mode. Elle a mis en place une « consultation » avec le PNUE (Programme des Nations unies pour l’Environnement) qui vise à créer un objectif fédérateur de neutralité carbone.

Au-delà de ses divers objectifs, Julia Faure une spécialiste et membre du collectif « en mode climat » pour l’industrie textile plus durable, explique qu’il faut se rendre à l’évidence : il ne suffit pas seulement de produire des vêtements de la manière la moins polluante, mais d’avant tout réduire la consommation et production de vêtements.

A l’occasion de la COP24 de 2018, de nombreuses marques s’étaient engagées à diminuer de 30% les émissions pour 2030 voire parvenir à une « neutralité carbone » pour 2050. Quatre ans après, lors de la COP26, celles-ci ont décidé de pousser leur objectif un peu plus loin et de réduire les émissions de moitié d'ici 2030. Ainsi, lors de la COP27, les participants à la conférence en cours ont exprimé leur appréhension quant au fait que l'objectif initial de réduction des émissions fixées par l'industrie serait trop difficile à atteindre, voire même trop ambitieux.


Des projets : protection des forêts, les enjeux environnementaux autour de la production du coton


D’une part, à l’occasion de la COP 27, plus de 750 entreprises et organisations se sont engagées à utiliser des matériaux alternatifs pour réduire l'empreinte carbone et produire des emballages, des vêtements et d'autres accessoires.

Cela a été fait dans le cadre du projet Canopy, qui vise à protéger les forêts de la déforestation tout en fournissant un approvisionnement durable en fibres de cellulose pour tous. Les participants au projet comprenaient LVMH, Kering, H&M, Fast Retailing, Inditex et Gap Inc. C’est d’ailleurs plus d'un demi-million de tonnes de matériaux alternatifs qui ont été convenus d'être achetés par ces organisations.

L’accord en question participera au financement de 10 à 20 usines de pâte à papier dont l’empreinte écologique est très basse ; ce qui permettra la production d’autres fibres plus écologiques par l’obtention d’accord d’achat avec les détaillants. Notons que le recyclage du coton et des cellulosiques de 25% chacun contribuerait à changer les fibres de bois utilisées par celui à base de pulpe de bois.

D’autre part, des projets autour du coton y sont également abordés. En l’occurrence, la Better Cotton Initiative a ainsi tenu à donner un « avertissement préoccupé » auprès des dirigeants mondiaux puisqu’ils ont la lourde tâche d’aller au-delà de simples engagements, c’est-à-dire d’agir. Leur rôle consiste également à se préoccuper d’une transition équitable entre les enjeux environnementaux à répondre et les personnes qui travaillent dans ce milieu.

Ainsi, lors de cette conférence, LVMH, leader mondial de l’industrie du luxe, a apporté son soutien à la Circular Bieconomy Alliance. Ce géant du luxe contribue en cela à la reforestation en Afrique par le biais de 500 producteurs de coton. A noter qu’entre 1963 et 2001, le coton local en question a causé l’assèchement de 90% du lac Tchad. De la sorte, les producteurs vont fabriquer des canopées, soit une grande muraille verte grâce à leur plantation. Grâce à cette initiative, cela réduira l’évaporation des sols.


Conclusion


En définitive, atteindre l’objectif d’un réchauffement climatique ne dépassant pas les 1,5°C est envisageable si les mesures drastiques énoncées précédemment sont prises. Le monde de la fast fashion nécessite un impact économique pour qu’il y ait de possibles évolutions. Bien que des marques éthiques se développent et ont beaucoup de succès, rien n’empêche la progression croissante sur le marché de la fast fashion, une industrie destructrice. La solution idéale est celle de la « sobriété » : consommer moins de vêtements et de manière plus responsable. Par exemple, mettre en place une forme de nutri-score pour les vêtements serait un moyen de faire évoluer positivement les pratiques de consommation pour réduire le recours à fast fashion. Moins de collections, de production de vêtements, d'achats et laisser davantage place à un « coût écologique et social » constituent donc les pistes à envisager.




Sources


- COP 27 : «Cette bataille pour le climat est de manière indissociable une bataille pour la biodiversité», avertit Macron – Libération (liberation.fr)


- COP27 : "La seule solution, c'est la sobriété : il faut consommer moins de vêtements" (Julia Faure - Loom) - ladepeche.fr


- COP27: la mode et le luxe ont multiplié annonces et engagements (fashionnetwork.com)

What Was Fashion Doing at COP26? - The New York Times (nytimes.com)


- COP 27 : comment les géants de la fast-fashion doivent se réinventer (levif.be)


- COP27 : une mode écoresponsable, c’est possible ? • FRANCE 24 - YouTube

https://www.madmoizelle.com/la-mode-sinvite-aussi-a-la-cop27-pour-se-confronter-a-son-propre-greenwashing-1461035


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